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The Show Must Go On : questions-réponses avec Jérôme Bel

Q.: En 1992 vous avez travaillé avec Philippe Decouflé sur la mise en scène de la cérémonie d’ouverture des 16e Jeux olympiques, à Albertville – et nous voici aux Olympiades culturelles pour les JO d’hiver 2010. Ce genre de spectacle est très différent de votre travail habituel, qui amène le public à partager l’espace et le temps. Cette transition s’est-elle faite de manière consciente ?

R. : Travailler sur les cérémonies des Jeux olympiques ne peut être qu’une expérience exceptionnelle, elle n’est pas comparable à des spectacles qui sont produits pour des théâtres. L’échelle n’est pas du tout la même. Mais le fait est qu’il y a quand même un lien entre mon travail actuel et les Jeux olympiques : c’est en partie parce que j ‘ai gagné assez d’argent aux Jeux olympiques de 1992 à Albertville que j’ai pu faire de la recherche deux années de suite sur mes projets sans être payé, en vivant assez frugalement cependant.

Vous étiez déjà venu à Vancouver en 2009 pour présenter Pichet Klunchun and myself. Votre retour à Vancouver, témoigne-t-il de relations particulières avec la communauté artistique de Vancouver?

Je ne sais pas, je pense que c’est une coïncidence ; nous avons été invités par deux festivals différents, ce qui est rare, mais qui témoigne sans doute d’une certaine vitalité artistique dans cette ville. Personnellement j’ai été très impressionné par Vancouver en elle-même; c’est une une ville qui interpelle l’imaginaire d’un européen, il me semble.

Quels types de travaux, dans d’autres disciplines peut-être, comme la littérature ou la musique, vous inspirent, en tant que chorégraphe?

Je suis un spectateur assidu de spectacles de danse et de théâtre tout d’abord. Je suis très attentif à ce qu’il se passe dans l’art plastique et la littérature. Le cinéma, en revanche, plus beaucoup, à part quelques cinéastes comme Godard, Kiarostami, ou Apitchapong Weerasathekull ou Miguel Gomes. La musique pas du tout.

Certains des danseurs choisis pour se produire dans votre spectacle à Vancouver ne sont pas des danseurs professionnels. Qu’est-ce qui vous attire dans le fait de travailler avec des danseurs non professionnels et comment une troupe si disparate parvient-elle à fonctionner ?

La disparité est le sujet de cette pièce précisémment : comment des personnes d’origines, d’âge et de pratiques differentes peuvent-elle partager un même espace en créant une communauté viable. C ‘est l’enjeu même de cette production.

The Show Must Go On, que vous présentez donc le 20 janvier dans le cadre du PuSh Festival, a débuté à New York avant d’être monté à Paris et de tourner dans le monde entier. Dans ce spectacle en particulier, qui se base beaucoup sur le spectateur, ressentez-vous la nécessité d’adapter le spectacle à chaque public?

Non, la pièce a été créée pour un monde globalisé, de Taiwan à Rio de Janeiro, en passant par Berlin et Séoul, le public peut expérimenter presque la même chose.

On vous cite souvent comme un exemple de l’anti-spectacle ». Qu’est-ce qui, dans votre approche des arts du spectacle, motive cette prise de position radicale ?

Je m’insurge contre cette appellation, même s’il est clair que je suis critique d’une certaine spectacularité. Je ne suis pas anti-spectaculaire, mais je préconise un théâtre qui ne passe pas nécessairement par le spectaculaire.

This Q&A with Jérôme Bel is available in English, in the French Corner section.

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